16 / 03 / 2015

 - Actualité

Nils Udo, le jardinier de la terre

Date : 1986  Support : Photographie  Dimension : 135 x 135 cm Roseaux, brins d'herbe, pétales d'églantine Rosa Rugosa Thunberg Sylt, Mer du Nord Ilfochrome sur aluminium

Alors qu’approche l’heure où la France va présider la 21ème Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations unies (COP 21) sur les changements climatiques de 2015, les artistes n’ont pas attendu les politiques pour prendre conscience qu’il s’agit bien de l’avenir de l’humanité dont il est question. Depuis les années 1970, avec le Land Art spécifiquement, des artistes ont développé des pratiques  soulevant les problématiques environnementales et écologiques et ont sensibilisé par leur démarche esthétique le public aux logiques de protection et de restauration de la nature.  Le paysage est devenu un matériau pour l’artiste, et avec lui,  il rend perceptible les dysfonctionnements environnementaux.

L’artiste Nils Udo est de ces artistes, mais loin d’un message alarmiste il s’offre de révéler les beautés cachées de la nature. Il agit de manière subtile et discrète sur des pierres et des débris végétaux, pétales, feuilles, brindilles disposées en nids aussi douillets que beaux, petite balancelle délicatement réalisée avec une feuille de robinier, agencement d’herbe ou de fleurs.... Il ennoblit chaque élément dans des agencements finement travaillés. Refusant de laisser des signes de la présence humaine, il intègre les processus naturels qui entraîneront la destruction de ces oeuvres éphémères. Puis il photographie ces dessins abstraits dont la nature est l'auteur, révélés par l’artiste. Chez Nils Udo, l'œuvre d'art elle-même a une vie. Elle naît, se développe, vieillit et meurt. C'est une part de la nature ; elle est soumise à ses lois. C'est avec elle qu'il s'exprime. Ses travaux n'ont jamais un effet destructeur, le temps de dégradation pouvant varier de quelques secondes à plusieurs années, sculptures de glace qui ne durent qu'une saison,  de sable sur une plage disparaissant à la première marée, constructions de végétaux, fleurs ou feuillages qui s’éparpillent au gré du vent ou de la reprise des droits de la nature. Un art éphémère et écologique, puisque lorsque Nils Udo  s'immisce dans l'univers naturel, ses modes d'action artistique sont respectueux du lieu et de son écosystème. Ses arrangements floraux et ses constructions végétales de petites tailles se font discrets pour ne pas déranger l'environnement. Ils se fondent et se camouflent naturellement dans le paysage. « L'arrangement est un geste non destructeur », explique-t-il. Ses mises en scène ne déséquilibrent, ni ne bouleversent, toutefois, grâce à ses œuvres, il met les hommes face à la réalité.

Nous avons tous construit des cabanes dans les bois, réalisé des arrangements floraux dans les champs, fabriqué des nids ou  aligné des coquillages sur le sable, tous nous avons battit des rêves qui nous liaient à la terre. Et si les oeuvres de Nils Udo nous touchent tellement c’est parce qu’elles réveillent nos sensations d’enfant. Pas de façon nostalgique, non, au contraire nous donnant envie d’y retourner, de reprendre ce lien, qu’adulte nous avons un peu négligé. Et pour les citadins que nous sommes devenus, si ce retour à la nature se fait impérieux, une bonne façon d’y remédier est d’aller voir et pourquoi pas, acheter, à la foire d’art contemporain ART PARIS les magnifiques photos de Nils Udo...

 

Les photos de Nils Udo seront visibles à ART PARIS ART FAIR sur les stands des galeries : Galerie Pierre-Alain ChallierGalerie Claire Gastaud, du 26 au 29 mars 2015 au Grand Palais ou sinon toute l’année dans ces deux galeries.