28 / 04 / 2015

 - Actualité

Barthélémy Toguo, un artiste de la Collection à l'honneur à la Biennale de Venise

Biennale de Venise

Peu d’artistes d’origine africaine peuvent se targuer d’avoir une reconnaissance internationale. C’est pourtant le cas de Barthélémy Toguo. L’homme en impose par sa prestance avec son visage au crâne poli et un regard d’une intensité impressionnante qui dégage un vif besoin d’entrer en relation avec ses interlocuteurs. D’emblée, il exprime son engagement  « ma démarche s'inscrit en droite ligne dans la cohérence d'une recherche critique débutée dès 1996 avec les Transits, The New World Climax en 2000, Purifications et Head above Water en 2004, Climbing Down en 2005 et The Time en 2011. Mes propositions formelles, ma démarche éthique, mon vocabulaire esthétique convergent au long cours pour Aller vers l'Autre, les Autres, par empathie; au fond, ce qui m'anime dans mon travail créatif vise à compatir ». Une rencontre avec cet artiste engagé et passionné ne laisse jamais indifférent. A son contact, on perçoit aussitôt le feu intérieur qui l’anime, à l’écoute, en éveil, mais aussi à l’aguet. Il cherche à savoir qui vous êtes et ce que vous pensez. L’artiste ausculte le monde dans lequel nous vivons, prends son pouls. Il est cet être sismographe qui capte, capture et transforme ce que l’époque produit. Il enregistre, mais aussi filtre et distingue. Il porte son regard sur notre société et propose par ses visions, ses formes éclectiques (dessins peintures, installations et performances) une perception propre et son point de vue. Il pointe et désigne les contorsions et compromis, les soubresauts et les mutations du monde devenu global. Il est un « artiviste ».

Bathélémy Toguo participe cette année à la biennale de Venise où il va présenter en une grande installation soixante-quinze sculptures en bois représentant des tampons administratifs géants sur lesquels on peut lire des phrases  ou fragments d’écrits qui parlent d’exil et de migration, de la violence urbaine, de la militarisation, des nouvelles maladies : « faites l’amour pas la guerre », « nous sommes tous des enfants d’immigrés » tous sujets inscrits dans une actualité brûlante. « C'est un regard sur ce qui se passe dans nos grandes métropoles, sur la situation de la politique actuelle avec la militarisation des polices urbaines, les civils armés, etc. Ce sont des clameurs en écho à ce que les populations endurent». « L'installation "Urban Requiem" médite sur nos destins contemporains, c'est un cri, une messe consacrée, voire une cérémonie à la mémoire de ceux qui endurent l'injustice, la matrice de toutes les souffrances de notre monde. In Memoriam. » précise-t-il « Urban Requiem me permet d'accomplir cet aller-retour et instruire le constat social, armé de slogans, de signaux, de clameurs, du sanglot, du rire et des prières, des sentences du peuple qui gronde». Si vos pas vous mènent à Venise cet été, ne manquez sous aucun prétexte cette installation, elle en vaut le détour par la force visuelle de ses propos ! Et vous pourrez vous rendre compte de la profondeur des réflexions de Barthélémy Toguo quand il ajoute que «la vie, c'est la beauté qui côtoie la laideur, la solitude qui côtoie la souffrance. C'est l'ensemble des ressentis humains qui m'intéressent. Partout, tout le temps.»



Actualité de l'artiste :

Montréal – Canada - QUEBEC
À la galerie Samuel Lallouz (1455, rue Sherbrooke Ouest, bureau 233), jusqu'au jusqu’au 30 juin

Biennale de Venise - ITALIE

9 mai 2015 - 22 novembre 2015
Barthélémy Toguo
All the World's Futures
Urban Requiem

Château de Tanlay - FRANCE
6 juin 2015 - 20 septembre 2015
Barthélémy Toguo
Les diables et les dieux

Collection Société Générale
3 oeuvres de l'artiste à découvrir lors des visites