25 / 09 / 2015

 - Actualité

Gao Brothers : Between the walls of utopia, ifagallery

Bruxelles
du 12 septembre au 29 novembre 2015

gao

«Between the Walls of Utopia» est la première exposition individuelle à Bruxelles des deux frères artistes renommés, les Gao Brothers. Reconnue internationalement, l’œuvre des Gao Brothers questionne depuis vingt ans la place de l’homme dans la société, partant de l’exemple Chinois pour arriver à une compréhension universelle. Leur parcours commence en 1989 avec leur première installation importante présentée à l'exposition China/Avant-garde" (Galerie Nationale de Pékin), exposition qui marqua le développement de l'art contemporain Chinois. Leur engagement social et artistique pendant les manifestations de la Place Tiananmen leur valut d’être privé de leur passeport pendant plusieurs années.Les Gao Brothers se posent en effet en témoins critiques de la société chinoise au travers de leur œuvre polymorphe qu’elle soit photographie, vidéo, peinture, sculpture, performance, essai critique ou même commissariat d’exposition. Marqués par la Révolution culturelle (1966-1976) qui frappa tragiquement leur famille, les deux frères aspirent à une liberté d’expression plus grande, particulièrement visible dans leurs séries de peintures politiques et de sculptures comme la grotesque Miss Mao ou L’Exécution du Christ par un régiment de Mao Zedong.

Pour cette exposition, ifa gallery a sélectionné un ensemble de photographies récentes et pour la plupart inédites en Europe qui montrent un autre aspect essentiel de leur œuvre : la dénonciation de l’isolement humain dans nos sociétés

urbanisées. Métaphore du rôle de l'individu au sein de la société, les paysages urbains de la série The Utopia of Construction ont demandé des mois de travail. Dans des  structures géométriques hallucinées, une foule de personnages occupent chacun un espace limité et clos. On y reconnait certaines de leurs anciennes œuvres comme les nus issus de Sense of Space, les figures qui s’enlacent comme dans Confrontation and Embrace ou celles qui essayent timidement de se rapprocher comme dans The Forever Unfinished Building.

Tout un monde où les individus sont enfermés dans des cellules qui paraissent démultipliées à l’infini. Ces cellules, parfois alvéoles d’une ruche, parfois fenêtres, écran ou coffrage en béton d’un immeuble sont une interprétation stylisée des véritables gratte-ciel de verre qui ont envahi les villes Chinoises. Mandala ou version habitée de l’op art de Victor Vasarely, l’espace a chez les Gao Brothers une fonction symbolique forte, celles des utopies, qui sont étymologiquement un espace géographique hors du monde. Leurs constructions artistiques reprennent les plans géométriques et circulaires des villes imaginaires de l’Utopia de Thomas More ou de l’Atlantide de Platon pour une dénonciation de l’urbanisation incessante, des structures sociales figées où la fraternité, l’échange direct entre individus est rendu suspect. Un paysage utopique où se mêlent les référents culturels de notre expérience d'individu social à l'ère de la globalisation. Une mise en image de la Tour de Babel contemporaine où, "reliant entre eux les signes, produisant des itinéraires dans l'espace socio-culturel ou de l'histoire de l'art", l'artiste devient sémionaute d'une alter-modernité selon l'expression du critique et curateur Nicolas Bourriaud. Ce ne sont plus des photographies de paysages post-industriels comme ceux de Thomas Struth, Beat Streuli ou Andreas Gursky mais des paysages post-culturels, les plus à même selon les Gao Brothers de questionner le rapport entre l'individu et son environnement sociétal.