12 / 10 / 2015

 - Actualité

Où voir nos artistes à la rentrée 2015 ?

Où voir nos artistes à la rentrée 2015 ?

Une rentrée des classes studieuse pour les artistes de la Collection Société Générale. Débutants et confirmés bénéficieront d'une riche actualité, en France et à l'international – certains s'offrant pour l'occasion leur grande rétrospective de la décennie, ou leur première prise de contact avec le public étranger (trac à la clé). A vos agendas !

Où voir nos artistes à la rentrée 2015?

Deux noms bien connus de la Collection Société Générale se partagent cet automne le devant de la scène hexagonale. Julien Prévieux, couronné du prestigieux Prix Marcel Duchamp en 2014, bénéficie à cet égard d'une exposition dans l'espace 315 du Centre Pompidou à Paris (du 23 septembre au 1er février 2016). Et Gilles Barbier, dont la rétrospective présentée à la Friche Belle de Mai à Marseille (jusqu'au 3 janvier) ne désemplit pas. Le premier, passé à la postérité pour ses lettres de « démotivation», se penche sur l'enregistrement du mouvement avec la même acuité critique qu'à l'accoutumée. Le second, héros d'une sculpture décomplexée, propose deux installations monumentales (dont un « jeu de dames » automatisé) et quelques 200 œuvres sélectionnées par le critique d'art Gaël Charbau – clones (nains) de l'artiste et autres fictions numériques et dessinées.

 

Autre "événement" de cette rentrée artistique : le Français François Morellet, 89 ans et l'insolence intacte, s'invite au MAC/VAL-Musée d'art contemporain de Vitry-sur-Seine du 24 octobre 2015 au 6 mars 2016. Modèle pour toute une génération d'artistes, son abstraction géométrique prendra la forme d'une intervention in situ, labyrinthe de lettres né d'un programme aléatoire – soit sept « corridors » picturaux à arpenter.  Issu de la même génération que monsieur Morellet, Martin Barré et son cadet de 30 ans Bernard Piffaretti – présents tous deux dans la Collection – feront dialoguer à Nantes leur abstraction picturale, entre analogies et dissemblances (La Hab galerie, à partir du 17 octobre). Une peinture décidément très en forme comme l'atteste encore les expositions monographiques de Pierre Soulages à la galerie Karsten Greve (dès le 16 octobre), de Valérie Favre aux Musées de Strasbourg (à partir du 26 novembre), de Jean Degottex chez Berthet-Aittouarès (jusqu'au 31 octobre) et de Gérard Tranquandi chez Laurent Godin (dès le 22 octobre). Star montante du médium, la Franco-danoise Eva Nielsen ne se laissera pas oublier avec une participation discrète mais répétée à plusieurs projets collectifs : « Ligne aveugle » à l'Institut supérieur des beaux-arts de Besançon, « Peindre dit-elle » au Musée d'art contemporain de Rochechouart et « Fantôme » au 5 quai Bourbon à Paris.

 

Toujours du côté des solo shows, on retrouvera les photographies de Mathieu Pernot au Musée Picasso de Vallauris, conversant jusqu'au 4 janvier 2016 avec l'imposante La Guerre et la Paix du maître espagnol ; et la Chambre d'huile de l’artiste norvégien Per Barclay, mer d'eau noire reflétant le lieu qui l'accueille – en l'occurrence ici, le centre d'art (et ancienne usine) du Creux de l'enfer, à Thiers, dès le 13 octobre.

 

Grand rendez-vous de cette rentrée 2015, la Biennale d'art contemporain de Lyon présentera les œuvres de quelques artistes de la Collection, du photographe Thomas Ruff (« Ce fabuleux monde moderne ») au Camerounais Barthélémy Toguo (« Veduta »). Répondant au thème de la « Vie moderne » proposé par le commissaire Ralph Rugoff, l'installation de Kader Attia s'attaque, avec une délicate intensité, à la notion de réparation physique (une cicatrice colmate le sol de la Sucrière) et métaphorique (les psychopathologies contemporaines décryptées par une série d'interviews vidéo). De retour à Paris, un passage par la Fondation EDF s'impose pour redécouvrir les nuages toxiques et/ou métaphysiques de Laurent Grasso et de Sonja Braas (« Climats artificiels », jusqu'au 28 février 2016) ; ainsi qu'au MAM où sont exposées la série des Shadows et les Flowers hallucinées d'Andy Warhol, dont la Collection conserve un exemplaire sérigraphié de 1971 (« Unlimited », jusqu'au 7 février 2016).

 

Globe-trotteurs

 

Ils trottent nos artistes. Cet automne, quelques Français s'offrent un séjour à l'étranger : la Brestoise Morgane Tschiember pose pour la première fois ses sculptures minimales et anguleuses à New-York, chez Tracy Williams ltd (jusqu'au 1er novembre). Jean-Michel Othoniel quitte Boston pour le 836M  et le parvis du Conservatory of Flowers de San Francisco où il dévoile deux pièces inédites en verre et aluminium doré (jusqu'au 14 janvier 2016). Le Nouveau Réaliste Raymond Hains fait le point sur 60 ans de carrière chez Max Hetzler à Berlin (jusqu'au 14 novembre), tandis que Romain Bernini teste le pouvoir extatique de ses pinceaux dans la galerie Dukan à Leipzig jusqu'au 31 octobre. La plus jeune de la bande, Farah Atassi finaliste au Prix Duchamp 2013 présente peintures anciennes et récentes à l'occasion de son premier solo show en Belgique, à l'Extra City Kunsthalle d'Anvers.

 

Les artistes de la Collection vivant à l'étranger ne sont pas en reste en ce début d'automne. A voir, en vrac, Gerold Miller au PS d'Amsterdam, Bernard Frize à l'Akademie der Kunste de Berlin, Jonathan Monk au Museo Carlo Zauli à Faenza, Wang Du et les Gao Brothers à la Baronian et l'Ifa Gallery de Bruxelles, l'installation vidéo American Recordings de Francesco Jodice au musée du Castello di Rivoli et le photographe Thomas Demand à la Common Guild de Glasgow. Notons la présence, prestige du lieu oblige, de l'artiste conceptuel d'origine yougoslave Braco Dimitrijevic dans l'exposition « Transmissions: Art in Eastern Europe and Latin America, 1960–1980 » proposée jusqu'au 3 janvier 2016 au MOMA de New-York.

 

Quant aux habitués de la Biennale de Venise préférant l'Acqua alta à la frénésie des premières semaines de vernissage, ils pourront contempler en toute tranquillité la sculpture flottante de Vik Muniz, barque grandeur nature évoquant la tragédie des migrants sur le bassin San Marco. Ou un art brûlant d'actualité, jusqu'au 22 novembre.