29 / 03 / 2016

 - Actualité

Vive le dessin ! Nos artistes mis à l'honneur au salon Drawing Now

Dédié exclusivement au dessin et à l'oeuvre sur papier, le salon « Drawing Now » célèbre ses dix ans cette année. Du 30 mars au 3 avril, il accueille au Carreau du temple dans le 3ème arrondissement parisien, la fine fleur du médium. Seront invités à la fête, cinq artistes de la Collection Société générale : du regretté Gottfried Honegger à Agnès Thurnauer.

Drawing now
Grosse actualité pour Jean-Michel Alberola (né en 1953), qui bénéficie d'une exposition d'envergure au Palais de Tokyo mais également d'un focus sur le stand de la galerie Maïa Muller à l'occasion de cette 10ème édition du salon Drawing Now. Une sélection de gouaches et d'encres réaffirment la place du dessin dans l'oeuvre de l'artiste français, davantage « lieu en soi » que simple « préliminaire » à la peinture. Comme toujours chez Alberola, les mots s'accouplent aux images pour des gestations de sens incertaines. Proposés à la vente entre 4 500 et 18 000 euros, ces paysages grisés (La Vision de Stevenson, 2005) ou portraits abstraits (Un Sourire de l'autarcie, 2007) fonctionnent comme des rébus sans solution.

Double anniversaire pour Claude Viallat. L'ex co-fondateur de Supports/Surfaces célèbre en 2016 ses 80 ans et les 50 ans de son fameux « haricot », forme obsessionnellement répétée dans ses grandes peintures sur toiles libres sans châssis. Pour la circonstance, le galeriste genevois Bernard Ceysson consacre son stand aux travaux sur papier de l'artiste, encore « mal connus » précise t-il. Certains sont destinés à l'illustration de livres ; d'autres, « dessins tauromachiques » issus de l'atelier, expriment la passion de ce Nîmois pour la corrida et la course camarguaise – rares vestiges figuratifs au sein d'une œuvre dédiée à la couleur. Dans Forme bleue, l'encre, absorbée par le papier, brouille les contours du « haricot », transformé  en organisme vivant.

Histoire de patienter jusqu'à la prochaine exposition personnelle d'Imi Knoebel, inaugurée dans le Marais le 4 juin 2016, la galerie Thaddaeus Ropac profite de « Drawing Now » pour dévoiler deux séries inédites du peintre et sculpteur allemand. On peut ainsi découvrir un ensemble de dessins au crayon datant du début de la carrière de l'artiste (1972), à une époque où le médium lui sert de support d'expérimentation, et des plaques de verre grattées de la décennie 1990. Connu pour son abstraction radicale fondée sur la couleur et les jeux de composition, cet héritier de Malevitch révèle ici une pratique plus immédiate et spontanée. Passage obligé pour les amateurs de feuilles historiques, accessibles à partir de 3000 euros.

C'est avec Agnès Thurnauer, dont la Collection Société Générale a acquis la série Biotope, que le médium rentre de plain-pied dans la contemporanéité. L'artiste conçoit spécialement pour le stand de la Bruxelloise Valérie Bach un « mur-meuble » servant de vitrine à un ensemble de  dessins encadrés. « Le sujet de cette installation est la question de l'espace-temps explique l'artiste, et du croisement de l'histoire et de la géographie, que je traduis par les notions d'abscisse et d'ordonnée […] Aujourd'hui, nous quittons souvent l'histoire (de l'art) pour être dans la géographie (la mondialisation). Nous passons du mur au sol. Mon mur souhaite traiter de tout çà, en mélangeant dessins de ciels, figures du temps suspendu, disposés au sol, devenant géographie, et cartographies de langage prenant place au mur.  Avec paysages ».

Dernier artiste de la Collection (et non des moindres) bénéficiant d'un focus sur le salon : feu Gottfried Honegger, décédé en ce début d'année à l'âge de 98 ans. La galerie zurichoise Römerapotheke présente les dessins de cette figure incontournable de l'Art Concret, dont on connaît surtout les peintures géométriques composées par ordinateur ou les grands polyptyques monochromes. L'occasion de se recueillir sur une œuvre qui aura marqué de son empreinte le XXème siècle.