20 / 06 / 2016

 - Actualité

Eté 2016 : et si on se faisait une expo d'architecture ?

Pendant que la Collection Société Générale explore les relations entre art et architecture avec l'exposition « Over The Walls » (à voir jusqu'au 21 décembre), la discipline s'offre quelques belles apparitions sur les cimaises. Au programme : une architecture responsable et visionnaire qui réfléchit sur elle-même.

francesco Jodicie - Bangkok
Francesco Jodice, What we want_Bangkok_T24, photographie, 2003

[Orléans] Où va la ville ?


Qu'est-ce-qu'une ville au XXIème siècle? Quelles sont ses limites ? Comment se rêve t-elle ? interroge l'exposition estivale du Frac Centre, à Orléans –  dont les collections entremêlent art et architecture. A travers 80 œuvres empruntées aux 21 autres FRAC,  l'accrochage explore cette réalité mouvante (et habitée) qu'est la ville à l'heure de son extension mondialisée. On s'y promène entre les tours du Lagos futuriste d'Emeka Ogboh (Eko’Poli), menacé par le nuage toxique (?) de Laurent Grasso (Projection) ou invité à décrocher le téléphone public de Slimane Raïs pour une conversation impromptue avec l'artiste (Pour parler).

« La Ville au loin », jusqu'au 18 septembre 2016 au FRAC Centre à Orléans.

[Marseille] Felice Varini versus Le Corbusier

Felice Varini n'est pas un architecte, mais l'architecture est la substance (et le support) de son travail. Ses « points de vue », bandes de peinture in situ couvrant les murs et les sols, modifient l'espace public et intègre le corps du spectateur – qui doit se déplacer pour saisir la totalité de l'oeuvre. Cet été, le plasticien franco-suisse se confronte pour la première fois de sa carrière à un bâtiment signé Le Corbusier : le toit-terrasse de la Cité radieuse à Marseille, devenu centre d'art (ou MAMO). Trois grands arcs rouge et jaune en redessineront le visage. L'occasion de découvrir la célèbre « unité d'habitation », icône de l'architecture moderniste.

« A ciel ouvert : Felice Varini », jusqu'au 2 octobre 2016 au MAMO-Cité radieuse à Marseille.

[Paris / Londres] Yona Friedman en double

L'architecture, c'est aussi des idées. Et ce n'est pas le Français d'origine hongroise Yona Friedman, théoricien de l'habitat modulaire et artiste visionnaire, qui va nous dire le contraire. Cet "architecte de papier" de 93 ans – qui travaille essentiellement sur plans, maquettes et bandes dessinées – présente ses « utopies réalisables » et ses villes spatiales (sur pilotis) à la Cité de l'architecture. Une exposition modeste mais hautement stimulante. Au même moment, de l'autre côté de la Manche, la Serpentine Gallery de Londres confie à l'architecte la conception d'une des quatre "maisons d'étés" de Kensington Gardens  – constructions éphémères inspirées par le temple de la reine Caroline. Modulable à l'envi, la structure d'acier donne vie aux théories de Yona Friedman sur une architecture « mobile », déterminée par l'habitant lui-même.  

« Yona Friedman : architecture mobile = architecture vivante », jusqu'au 7 novembre 2016 à la Cité de l'architecture à Paris.
« Serpentine Summer Houses – Yona Friedman », jusqu'au 9 octobre 2016 au Kesington Gardens à Londres.


[Venise] Une biennale d'architecture solidaire

Pour sa 15ème édition, la Biennale d'architecture de Venise s'offre une bonne conscience. Sous la houlette de son commissaire le Chilien Alejandro Aravena (lauréat du Pritzker 2016), cette  vitrine internationale de la profession troque ses habituelles prouesses architecturales contre une réflexion sur des modes d'habiter responsables, sociaux et écologiques. Ou comment l'architecture peut-elle lutter contre la pauvreté et les inégalités dans le monde ? Les pavillons nationaux tentent d'y répondre entre matériaux biodégradables et réhabilitation de bâtiments inachevés (avec l'Espagne, qui récolte un Lion d'or à cette occasion). L' Allemagne se démarque en démolissant les murs de son pavillon (édifié pendant le nazisme). Un geste fracassant, et symbolique, qui ouvre la Biennale aux problématiques de la migration. De nombreuses expositions périphériques compléteront ce programme ultra copieux.

« Reporting from the front », Biennale internationale d'architecture, jusqu'au 27 novembre 2016 à Venise. 

[New York] L'architecture made in Japan  

Les architectes du Louvre Lens, l'agence nippone SANAA, et leur compatriote Toyo Ito, s'exposent cet été au 3ème étage du célèbre MOMA de New York. Outre une classique rétrospective de leur carrière (maquettes et photographies à l'appui), le parcours élargit le propos à leur influence sur la nouvelle génération d'architectes et designers japonais, comme Sou Fujimoto (et ses bâtiments futur-primitifs) ou Akihisa Hirata (Lion d'or de la Biennale de Venise 2012). Pour une architecture inspirée qui délaisse le monumental pour entrer dans le vivant.

« A Japanese Constellation : Toyo Ito, Sanaa and beyond », jusqu'au 31 juillet au MOMA de New-York. 

[New York]  Roberto Burle Marx : inconnu illustre


Elle est devenue une icône de la ville de Rio de Janeiro et pourtant peu connaissent le nom de son créateur. La promenade de la plage de Copacabana (et ses mosaïques en vague) doivent leur existence et leur célébrité à Roberto Burle Marx. Resté dans l'ombre, le paysagiste brésilien a pourtant marqué de son empreinte moderniste les parcs et jardins sud-américains, travaillant aux côtés d'Oscar Niemeyer – pour le Ministère des affaires étrangères de Brasilia par exemple – avec qui il partage le même amour de « la ligne courbe et sensuelle » . Le Jewish Museum lui offre cet été une rétrospective conséquente, qui met en lumière tous les aspects de son œuvre. S'y découvre un Roberto Burle Marx peintre, designer, céramiste, cuisinier, créateur de bijoux, coloriste d'exception et fervent protecteur de la forêt amazonienne.
 
« Roberto Burle Marx: Brazilian Modernist », jusqu'au 18 septembre 2016 au Jewish Museum de New York.

Et aussi : « Mobilier d'architectes » à la Galerie Jousse (Paris), « Les Jardins d'Orient » à l'IMA (Paris), « Les îles de la seine » au Pavillon de l'Arsenal (Paris), « L'oeuvre architecturale de Le Corbusier » à la Maison La Roche (Paris), « Habiter le campement » à la Cité de l'architecture (Paris), le Festival d'architecture éphémère Superstock (93) et « Let's Play » au Danish Architecture Center (Copenhague).