07 / 12 / 2016

 - Actualité

L’art contemporain en fête

Et si vous preniez une bouffée d’art contemporain entre la bûche et le sapin ? Voici une sélection d’expositions à voir ou revoir en cette période de fêtes de fin d’année, des plus incontournables aux plus inclassables, du nord au sud et d’est en ouest.

LES 16 COTES DU CARRE  FRANCOIS MORELLET

Immanquables

Toujours visible à Paris – et incontournable parmi les incontournables –, le facétieux Maurizio Cattelan, cinq ans après avoir organisé ses faux adieux au Guggenheim de New York, met en scène son vrai retour à la Monnaie de Paris. À quelques pas de là, impossible de passer à côté de celui qui tient compagnie à Bernard Buffet au musée d’art moderne de la ville de Paris, l’Américain Carl Andre (né en 1935) dont l’œuvre brute et subtile redéfinit la sculpture comme lieu d’expérience de l’espace, de la forme et de la matière. Et puis, au Centre Pompidou, une exclusivité, une vraie : la première rétrospective complète d’un autre illustre Américain, Cy Twombly. Au programme : 140 peintures, sculptures, dessins, photographies, et aucune itinérance prévue dans le monde.

Pendant ce temps en régions, deux célèbres Anversois se partagent le haut de l’affiche. Au LaM (Villeneuve d’Ascq), Luc Tuymans nous invite à naviguer à vue entre peinture, dessin et photographie, tandis qu’au MAC Lyon, Jan Fabre relève le défi de remonter le fil de 40 années de performance.


Accessibles

Du côté des expos de qualité en libre accès, les propositions ne manquent pas. À Paris, on a le choix entre : une sélection resserrée d’œuvres emblématiques de l’artiste allemand Hans-Peter Feldmann, chantre de la poésie du quotidien, à la Galerie des Galeries ; un séjour au « Grand Theory Hotel » d’Annika von Hausswolff à l’Institut suédois, un hôtel photographique hanté par les thèmes chers à l’artiste de Göteborg – le féminisme, le capitalisme, la criminologie, l’inconscient ; et une observation par le trou de la lorgnette du travail de Laurent Montaron à la Fondation d’entreprise Ricard, soit une expo composée de dioramas suscitant une réflexion sur le temps, l’espace, le regard et l’expérience.

Au nord, Maxime Brygo présente le fruit de trois ans d’exploration de l’ex-bassin minier franco-belge sous forme d’une installation qui confère une épaisseur – visuelle, sonore, affective, magique – à des paysages à première vue plats (CRP, Douchy-les-Mines). À l’ouest, les captivants Evelina Domnitch et Dmitry Gelfand jouent à décomposer la lumière au gré de six installations sensorielles et immersives (le Lieu unique, Nantes). 


Majeures

Soif de grands noms ? Direction le musée des beaux-arts de Chambéry qui ouvre le bal des hommages à François Morellet en puisant à la source de son œuvre et de sa collection personnelle émaillée d’amitiés artistiques telles qu’Ellsworth Kelly, Bertrand Lavier ou Bernar Venet. Abstraction encore au musée national Fernand Léger (Biot) où le peintre allemand Imi Knoebel fait dialoguer ses toiles récentes avec des céramiques tardives du maître des lieux. Abstraction toujours entre Saint-Paul-de-Vence et Mouans-Sartoux où la Fondation Maeght et l’Espace de l’art concret s’associent pour balayer tout le spectre de l’œuvre de Pascal Pinaud. Abstraction et réaction au musée Soulages (Rodez) où sont réunies 50 œuvres de 1948 à nos jours autour de la vaste thématique du temps. L’occasion de croiser Christian Boltanski, Robert Filliou, Gerhard Richter, Bill Viola, Philippe Cognée, Renaud Auguste-Dormeuil ou Laurent Grasso.


Inclassables

Envie de sortir du cadre ? En banlieue parisienne, au MAC VAL (Vitry-sur-Seine), l’artiste aux multiples talents Jean-Luc Verna – dessinateur, auteur, danseur, chorégraphe, metteur en scène, comédien – livre son œuvre foisonnante centrée sur le corps dans l’expo la plus punk du moment. Au MuMa du Havre, la photographe Jacqueline Salmon, qui se fait tour à tour météorologue, chercheuse et exploratrice, mêle ses images autour du vent, du ciel et de la mer aux toiles d’Eugène Boudin. À Bordeaux, l’Italienne établie à Berlin Rosa Barba emplit la nef du CAPC d’une installation filmique épileptique soulevant les passionnantes questions de la conservation et de la transmission de notre patrimoine culturel. Au MAC de Marseille, Théo Mercier réfléchit quant à lui à l’obsolescence des objets et des civilisations à travers la reconstitution d’un musée fictif pendant une guerre imaginaire, salle des butins peuplée de sculptures et de photos mais aussi de vestiges archéologiques et d’artefacts contemporains.


Aurélie Laurière


A noter : Attention, la plupart des musées et centres d’art sont fermés le 25 décembre et le 1er janvier !