10 / 04 / 2017

 - Actualité

Nos artistes aux quatre coins du Mois de la Photo du Grand Paris

Quatre-vingt-seize expositions disséminées dans trente-deux communes : en 2017, le Mois de la Photo devenu Mois de la Photo du Grand Paris repousse ses dates et ses frontières sous la houlette de l’ancien directeur des Rencontres d’Arles François Hébel. Carte en main, on est parti à la recherche des artistes de la Collection.

Denis Rouvre, Chalawan, 2015-2016 © Denis Rouvre, avec l'aimable autorisation de la galerie Hélène Bailly

Du nord…


À Saint-Denis (93), Delphine et Élodie Chevalme, plasticiennes, illustratrices, graphistes et sœurs jumelles, s’exposent aux côtés de douze autres artistes en résidence au 6b. Aux sources de l’expo Alter, production d’œuvres inédites, la situation de ces artistes qui travaillent côte à côte sans nécessairement collaborer. Une autre manière de faire de la photo et de regarder les autres ? Le thème ne tarde pas à s’imposer, ce sera l’altérité. Et voici nos quatorze résidents qui, entre échanges fructueux et repli créatif, expérimentent l’altérité pour nous parler d’altérité (jusqu’au 30 avril).


Des villes écloses à l’ombre de centrales électriques, une chaîne de montagnes réunissant les sommets des Pyrénées et des Alpes, un littoral où les côtes atlantiques rejoignent celles de la Méditerranée, le tout quadrillé de ponts et de routes hétéroclites. Invité par les Archives nationales à se plonger dans le fonds de cartes postales de l’entreprise Lapie, le photographe Mathieu Pernot en est ressorti avec une carte imaginaire et bigarrée de la France des années 1950-1960. À découvrir à Pierrefitte-sur-Seine (93) et à compléter par une visite à l’hôtel de Soubise (Paris 3e) où une sélection de documents originaux est présentée (jusqu’au 19 septembre).


… au sud


Parmi les incontournables de ce premier Mois de la Photo du Grand Paris, l’expo Autophoto, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris 14e), démonte et met à plat les relations entre l’auto et la photo, ces deux grandes inventions du XIXe siècle qui ont révolutionné le XXe. Au générique : cinq cents œuvres de plus de quatre-vingt-dix photographes historiques et contemporains, parmi lesquels des signatures telles que Jacques Henri Lartigue, Walker Evans, William Eggleston ou Juergen Teller ; des photographes moins connus comme Justine Kurland ou Jacqueline Hassink ; et cinq artistes de la Collection répondant aux noms de Valérie Belin, Alain Bublex, Edward Burtynsky, Philippe Chancel et Stéphane Couturier. À noter qu’Alain Bublex – lequel, rappelons-le, a été designer industriel chez Renault dans une première vie – dévoile une installation inédite mêlant photos, dessins et maquettes (du 20 avril au 24 septembre).


Et d’est en ouest !  


Dans le 18e arrondissement, Le Bal profite des 70 ans de Magnum Photos pour tracer un chemin libre et décalé à travers les archives du plus mythique des collectifs de photographes, et ce depuis sa création, en 1947, jusqu’en 1977. On croise ainsi toutes les pointures – ou presque – qui ont fait la renommée de Magnum, et parmi elles, le regretté Marc Riboud ainsi que le nouvel académicien Bruno Barbey (du 29 avril au 27 août).  


À quelques pas de là, la Magnum Photos Gallery dresse quant à elle un portrait diffracté de l’Europe des années 1960 à 1980 en remontant le fil de quatre séries iconiques signées de quatre maîtres de la coopérative. On y retrouve avec plaisir Bruno Barbey qui expose son Italie en noir et blanc aux côtés de la France d’Henri Cartier-Bresson, de la Grèce de Constantine Manos et de l’Angleterre de Martin Parr. Une quarantaine d’images drôles, touchantes ou romantiques qui célèbrent la vie d’une Europe en mouvement (du 21 avril au 31 mai).


Dans le 7e arrondissement, le célèbre portraitiste Denis Rouvre présente Black Eyes, sa dernière série, à la Hélène Bailly Gallery. Poursuivant son exploration du monde du sport et du combat, des rugbymen du XV de France aux lutteurs japonais, le photographe s’intéresse cette fois aux enfants boxeurs de Thaïlande qui montent sur le ring pour leur survie et celle de leur famille. Si l’on retrouve les regards noirs, les muscles saillants et la sueur des précédentes séries, le contexte et la candeur qui point ici rendent ce travail particulièrement émouvant (jusqu’au 13 mai).


Enfin, au cœur du Marais, l’Espace Topographie de l’Art (Paris 3e) se propose d’examiner sous toutes les coutures des œuvres dictées par la géométrie – et plus particulièrement la géométrie dans l’espace – et néanmoins sensibles. À partir de Masada de Vera Röhm, se déploient des œuvres en deux dimensions de Man Ray, Duchamp, Anna et Bernhard Blume, Alain Fleischer ou Joan Fontcuberta, que viennent ponctuer des sculptures de Jean-Gabriel Coignet, Jean d’Imbleval, Piotr Kowalski et… François Morellet bien sûr (jusqu’au 14 juin).



Aurélie Laurière



Retrouvez l’intégralité du programme du Mois de la Photo du Grand Paris sur : moisdelaphotodugrandparis.com

Photo ci-dessus : Denis Rouvre, Chalawan, 2015-2016 © Denis Rouvre, avec l’aimable autorisation de la galerie Hélène Bailly.