06 / 06 / 2017

 - Actualité

Vive la Biennale de Venise 2017 !

« Viva Arte Viva ». C’est le titre en forme de cri d’amour choisi par la commissaire française Christine Macel pour la 57e Biennale de Venise. Expo principale, pavillons nationaux, artistes et pays primés : tour d’horizon d’une édition conçue « avec les artistes, par les artistes et pour les artistes ». À vivre jusqu’au 26 novembre prochain.

Arsanale, Spazi di mostra © Italo Rondinella.

C’est un beau roman


Au cœur de la manifestation, à l’Arsenal mais aussi au Pavillon central des Giardini et au Giardino delle Vergini, se trouve l’expo internationale concoctée par Christine Marcel, conservatrice en chef au Centre Pompidou et première française aux manettes de la Biennale de Venise. Une expo, une histoire, qui se raconte en neuf chapitres ou « trans-pavillons ». Une histoire, un roman, dont les héros sont les artistes eux-mêmes, et dont les multiples rebondissements reflètent la complexité du monde.



Raymond Hains, Various works, 1964-2001, mixed materials. 57th International Art Exhibition – 

La Biennale di Venezia, Viva Arte Viva. Photo by Francesco Galli. Courtesy La Biennale di Venezia. 



Dès l’introduction, apparaît un artiste de la Collection : le regretté Raymond Hains (1926-2005) dont l’humour dévastateur n’épargne ni le marché de l’art ni la Biennale. Quelques pages plus loin, on rencontre l’Allemand Franz Erhard Walther, né en 1939, Lion d’or du meilleur artiste pour ses sculptures habitables et activables. On découvre alors le jeune Petrit Halilaj, né en 1986 au Kosovo, gratifié d’une mention spéciale du jury pour sa belle envolée de papillons de nuit. On retrouve ensuite Kader Attia avec une installation qui pose la question du genre en chansons et en dessins ; avant de refermer le livre sur Hassan Khan, né à Londres en 1975 et établi au Caire, Lion d’argent du jeune artiste prometteur pour sa mise en musique du Giardino delle Vergini.



Kader Attia, Narrative Vibrations, 2017, mixed media, installation, dimensions variables. 57th International Art Exhibition – La Biennale di Venezia, Viva Arte Viva. Photo by Italo Rondinella. Courtesy La Biennale di Venezia. 


De pavillon en pavillon


Aux Giardini, à l’Arsenal et un peu partout dans la cité des Doges, se déploient également quatre-vingt-six pavillons nationaux parmi lesquels on peut signaler la première participation du Nigéria, des îles d’Antigua-et-Barbuda (Antilles) et Kiribati (Océanie).


Impossible de ne pas commencer par le pavillon allemand investi par le Faust d’Anne Imhof, Lion d’or de la meilleure participation nationale. « Saisissant », « spectaculaire », « glaçant », « oppressant » : le projet de la jeune femme n’a laissé personne indifférent. Au programme : grillages, dobermans, murs blancs et performers livides errant, rampant et luttant au-dessus et au-dessous d’un sol de verre.


Murs blancs et grillages encore, pour le pavillon brésilien signé Cinthia Marcelle, autre mention spéciale du jury de cette 57e Biennale. Mais ces derniers sont ici incrustés de petits cailloux, tandis que la froideur aseptisée laisse place à une austérité non dénuée de poésie.


Du côté français, pas de récompense pour le pavillon transformé en studio d’enregistrement par Xavier Veilhan. Un élégant cocon de bois destiné à voir se croiser musiciens, ingénieurs du son et producteurs durant toute la manifestation et en dehors de toute programmation. On pourra donc tomber, au choix, sur une impro, un atelier ou un moment de silence ponctué de murmures. À écouter en direct sur www.studio-venezia.com.  



France, Studio Venezia. 57th International Art Exhibition – La Biennale di Venezia, Viva Arte Viva. 

Photo by Francesco Galli. Courtesy La Biennale di Venezia. 


Arrêtons-nous enfin chez nos voisins espagnols qui ont confié les clés de leur pavillon à un autre artiste de la Collection, Jordi Colomer. Le Barcelonais installé à Paris y développe son thème de prédilection – la relation entre architecture et comportements humains –  dans une installation entre lumière et pénombre, maquettes et vidéos. Viva Arte Viva !


 


Aurélie Laurière



 

À voir > aux Giardini, à l’Arsenal et aux quatre coins de Venise. Jusqu’au 26 novembre 2017.