20 / 07 / 2017

 - Actualité

David Hockney en 5 œuvres

David Hockney, Portrait d'un artiste (Piscine avec deux personnages), 1972 © David Hockney.

À l’occasion des 80 ans de l’artiste, le Centre Pompidou consacre une rétrospective au facétieux David Hockney. Plus de cent soixante peintures, dessins, photos et vidéos rejouent les étapes de sa longue carrière, et la construction d’une œuvre qui, derrière le bleu miroitant des piscines, recèle une profonde réflexion sur l’image. Parcours express en cinq œuvres. 



1. Self Portrait, 1954

Né en 1937 à Bradford en Angleterre, David Hockney intègre l’école d’art locale en 1953, où il reçoit un enseignement classique fondé sur la représentation réaliste. C’est à cette période qu’il se met à exécuter ses premiers autoportraits. Encore balbutiante, la pratique égotiste se développera en photographie dans les années 1970, pour se faire gymnastique quotidienne lors de la décennie suivante. Depuis 1983, Hockney commence en effet chacune de ses journées par la réalisation d’un autoportrait sur papier.



David Hockney, Self Portrait, 1954 © David Hockney. Photo : Richard Schmidt.


2. A Bigger Splash, 1967

Entre l’œuvre précédente et l’icône que constitue Bigger Splash, se sont écoulées treize années ponctuées de quelques rebondissements : un séjour au Royal College of Art de Londres, le choc de la rétrospective Picasso de 1960 à la Tate, et une traversée de l’Atlantique. En 1964, Hockney quitte Londres pour Los Angeles, la peinture à l’huile pour l’acrylique, et s’achète un Polaroid. Ses photos ainsi que celles qu’il collecte dans des revues lui servent alors d’études pour ses tableaux. Cette intégration du cliché à la toile marque le début d’un long combat mené contre l’opposition établie entre peinture et technique.



David Hockney, A Bigger Splash, 1967 © David Hockney. Collection Tate, London.


3. Henry Geldzahler and Christopher Scott, 1969

Changement de décor et de lumière : en 1968, Hockney se lance dans une série de doubles portraits de grand format. Pendant de sa pratique frénétique de l’autoportrait, celle, non moins obsessionnelle, qu’il a du portrait laisse transparaître la dimension empathique de son art. Ce sont ses amants, sa famille et ses amis que l’artiste représente ; ici un couple formé du conservateur Henry Geldzahler et de l’artiste Christopher Scott. Cette phase, considérée comme la plus naturaliste de sa carrière, prendra fin avec un portrait inachevé de ses parents en 1977.



David Hockney, Henry Geldzahler and Christopher Scott, 1969 © David Hockney. Photo : Richard Schmidt.


4. Bigger Trees Near Warter or/ou Peinture sur le motif pour le nouvel âge post-photographique, 2007

À la fin des années 1970, Hockney rebrousse chemin sur la voie étroite du naturalisme pour prendre un virage à cent quatre-vingts degrés. En peinture, c’est la remise en cause de la perspective centrée, et, en photographie, la trouvaille héritée du cubisme des joiners, ces assemblages de clichés multipliant les points de vue sur un sujet. Une trouvaille qu’il ne tardera pas à transposer dans le champ de la peinture, et à laquelle il adjoindra la simulation infographique quand, de retour dans son Yorkshire natal, il s’attellera au colossal Bigger Trees constitué de cinquante toiles s’étendant sur douze mètres.



David Hockney, Bigger Trees Near Warter or/ou Peinture sur le motif pour le nouvel âge post-photographique, 2007 © David Hockney. Photo : Prudence Cuming Associates. Collection Tate, London.


5. The Four Seasons, Woldgate Woods, 2010-2011

En 2010, appliquant le principe des joiners à l’image en mouvement, Hockney entreprend de filmer la région de Woldgate en Angleterre à l’aide de dix-huit caméras fixées sur une voiture. Le résultat, The Four Seasons, est une installation aussi monumentale que captivante composée de trente-six écrans. Quelque part entre le fax et l’iPad, on y lit bien sûr le goût de l’artiste pour les nouvelles technologies, mais surtout son intérêt pour la nature et la traduction d’une perception humaine se déployant dans l’espace et dans le temps.  



David Hockney, The Fours Seasons, Woldgate Woods, 2010-2011 © David Hockney.

 


Oeuvre tout en haut : David Hockney, Portrait d’un artiste (Piscine avec deux personnages), 1972 © David Hockney. Photo : Art Gallery of New South Wales / Jenni Carter. 


Aurélie Laurière

 

À voir > au Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, Paris 4e.

Jusqu’au 23 octobre 2017, tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h.