14 / 11 / 2017

 - Actualité

Supports/Surfaces en cinq questions

Supports/Surfaces ? Une formule qui sonne bien et une étape majeure de l’histoire de l’art en France sur laquelle revient, jusqu’au 31 décembre prochain, l’exposition "Supports/Surfaces. Les origines, 1966-1970" au Carré d’art de Nîmes. L’occasion de faire le point, en cinq questions, sur ce courant détonnant auquel sont liés plusieurs artistes de la Collection.

Claude Viallat Toile en T

Qui ?

L’étiquette « Supports/Surfaces » est d’ordinaire attribuée aux artistes ayant exposé sous cette appellation au début des années 1970, c’est-à-dire André-Pierre Arnal (1939), Vincent Bioulès (1938), Louis Cane (1943), Marc Devade (1943-1983), Daniel Dezeuze (1942), Noël Dolla (1945), Toni Grand (1935-2005), Patrick Saytour (1935), André Valensi (1947-1999) ainsi que trois figures de la Collection, Bernard Pagès (1940), Jean-Pierre Pincemin (1944-2005) et, bien sûr, Claude Viallat (1936). À ces douze indiscutables sont parfois associés des noms tels que Pierre Buraglio (1939), Jean-Michel Meurice (1938) – autre artiste de la Collection –, François Rouan (1943), Michel Parmentier (1938-2000) ou encore Christian Jaccard (1939).


Quoi ?

Supports/Surfaces, c’est, avant toute chose, un nom sifflant évoquant plus une entreprise du bâtiment qu’un regroupement d’artistes, (bien) trouvé par le peintre Vincent Bioulès. Un nom qui fera sa première apparition publique en septembre 1970 au musée d’art moderne de la ville de Paris à l’occasion d’une exposition intitulée support-surface sans majuscules ni marques du pluriel. C’est ensuite une entité aux contours flous dépourvue de statut, organisation et manifeste. C’est surtout, ainsi que le considèrent différents historiens de l’art, l’une des dernières avant-gardes abstraites en France.


Où ?

C’est sous le soleil du midi de la France qu’éclot Supports/Surfaces. Bioulès, Buraglio et Viallat se rencontrent aux Beaux-Arts de Montpellier. Viallat s’installe par la suite à Nice – devenue un épicentre artistique sous la poussée d’artistes tels qu’Yves Klein, Arman ou Martial Raysse – où il fréquente Pagès, Grand, Saytour, Valensi et Cane. Malgré la survenue rapide d’une scission Nord-Sud, opposant Cane et Devade, montés à Paris, à Viallat, Saytour ou Grand, restés dans le Midi, la présentation de l’exposition Supports/Surfaces. Les origines, 1966-1970 à Nîmes apparaît donc comme une évidence.


Quand ?

Difficile d’accoler des bornes temporelles à Supports/Surfaces. Ce que l’on sait, c’est que Supports/Surfaces a existé avant Supports/Surfaces – avant septembre 1970 donc – comme le montre l’exposition du Carré d’art qui se concentre sur les années 1966 à 1970. Ce que l’on sait aussi, c’est que Supports/Surfaces a tenté d’exister après Supports/Surfaces puisque c’est en août 1971, soit peu après le départ de Viallat, Grand, Saytour, Dolla et Valensi, que furent déposés les statuts d’une association portant le nom du mouvement. 


Comment ?  

Rompant avec l’héritage de l’École de Paris et lorgnant outre-Atlantique, les artistes de Supports/Surfaces partagent une volonté de dépasser les conventions et l’espace clos du tableau, ainsi que de situer leur travail dans un « degré zéro de la peinture » annoncé par leur nom. Ils démonteront ainsi les châssis, exposeront les toiles dans leur plus simple appareil – pliées, tressées, imprégnées, tamponnées ou entaillées – et dissémineront leurs œuvres à travers les espaces d’exposition mais aussi les villages, les champs et les plages. Un vent de liberté qui devait à jamais bouleverser le paysage artistique français.



Aurélie Laurière



À voir > au Carré d’art, place de la Maison Carrée, Nîmes.
Jusqu’au 31 décembre 2017, du mardi au dimanche de 10h à 18h.