22 / 05 / 2018

 - Actualité

Le MAMC de Saint-Étienne fête ses 30 ans

Le musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC), 30 ans cette année, poursuit son programme anniversaire amorcé l’automne dernier avec de grandes figures stéphanoises et un retour sur l’art conceptuel. Un riche programme au sein duquel on retrouve de nombreux artistes de la Collection.

Valérie Jouve, Sans Titre (les Personnages avec Melle Burricand), 2003/18.

Derrière son imposante façade noire quadrillée se cache une exceptionnelle collection de vingt mille œuvres, la deuxième de France après Beaubourg. Depuis son inauguration en décembre 1987, le musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC) s’est imposé comme une référence parmi les musées en région. Pour fêter ses trente ans d’activité, l’institution déroule, depuis l’automne dernier, un programme événement associant différentes cartes blanches à une présentation inédite de ses collections. 


Jean-Michel Othoniel fait face à l’obscurité

À l’intervention viscérale du Britannique Anish Kapoor déployée dans l’espace central du musée cet hiver, succède celle, plus sombre, de l’illustre Stéphanois et artiste de la Collection Jean-Michel Othoniel. Autour d’une gigantesque vague de verre noir, l’artiste réunit des extraits de performances réalisées à Saint-Étienne à la fin des années 1980 ainsi que ses toutes dernières pièces, de mystérieux totems d’obsidienne nommés Invisibility Faces. Mêlant références au passé minier de Saint-Étienne et aux collections contemporaines du musée, l’exposition témoigne de l’attachement de Jean-Michel Othoniel à sa ville natale en même temps qu’elle marque un tournant dans son travail, évoluant vers plus de gravité et de sobriété. La troisième mais la plus importante exposition de Jean-Michel Othoniel au MAMC.



Jean-Michel Othoniel, The Big Wave, 2018. Photo : Claire Dorn. © 2018 Othoniel / ADAGP, Paris. ©2018 Othoniel / ARS, New York. 


Valérie Jouve dévoile des formes de vie

Pour elle, c’est une première. La photographe Valérie Jouve, native de Firminy, n’avait encore jamais exposé dans la région stéphanoise dont le souvenir irrigue pourtant profondément sa production. Laissée libre par le MAMC, elle s’est autorisée l’accrochage d’images de jeunesse réalisées à Saint-Étienne, encore jamais montrées, mais est restée fidèle à ce qui constitue sa ligne de conduite : ne jamais localiser ses photographies pour ne pas en amoindrir la force. À la rétrospective scrupuleuse ou à l’exposition sur Saint-Étienne, l’artiste – dont la Collection Société Générale possède un polyptyque – a préféré une relecture inédite de son travail en dialogue avec le territoire environnant. Des vues industrielles aux portraits d’arbres, celle-ci retrace une histoire de notre relation au vivant.




Valérie Jouve, Sans titre (Les Paysages), 2013/18. Courtesy galerie Xippas © Valérie Jouve / ADAGP, Paris 2017. 



L’art conceptuel rejoue sa révolution

Pivot du programme anniversaire, l’exposition issue des collections du musée, Considérer le monde, visible depuis novembre dernier, retrace quant à elle l’histoire, multiple et passionnante, de l’art et du monde du XVIe siècle à nos jours. Après le Narrative Art cet hiver, celle-ci présente, au sein de son parcours thématique, un nouveau focus dédié au plus révolutionnaire des courants artistiques des années 1960 et 1970 : l’art conceptuel. Le Britannique Victor Burgin, l’Américain Sol LeWitt, le Suisse Olivier Mosset, les Français François Morellet et Bernar Venet : parmi la trentaine d’artistes rassemblés pour l’occasion, cinq font partie de la Collection.




Aurélie Laurière


Visuel en haut : Valérie Jouve, Sans Titre (les Personnages avec Melle Burricand), 2003/18. Courtesy galerie Xippas © Valérie Jouve / ADAGP, Paris 2017. 


À voir > au MAMC, rue Fernand Léger, Saint-Priest-en-Jarez.
Jusqu’au 16 septembre 2018, tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi. Ouverture de l’exposition de Jean-Michel Othoniel le 26 mai.