23 / 07 / 2018

 - Actualité

Un 7ème Voyage à Nantes hors des sentiers battus

Parcours pérenne et événement estival mêlant patrimoine et art contemporain, Le Voyage à Nantes est de retour du 30 juin au 26 août prochains pour une 7ème édition emmenée par Philippe Ramette. Sculptures désaxées, fontaines détraquées, sous-sols hantés et jardins enchantés : embarquement pour un tour d’horizon de surprise en surprise.

Philippe Ramette, Éloge du pas de côté. Photo © Marc Domage

Places

Lieu des exécutions capitales au Moyen-Âge et épicentre de la manifestation, la plus ancienne place de Nantes, celle du Bouffay, se voit dotée d’une étrange sculpture de bronze. Un homme, bras et jambes écartés, tient en équilibre sur un pied dans une posture défiant la gravité. On aura reconnu les traits – ou l’éternel costume ! – du facétieux Philippe Ramette, artiste de la Collection et spécialiste des points de vue décalés. À cet Éloge du pas de côté, hommage à l’audace de la ville, répondent une série d’éloges sculpturaux disséminés du cours Cambronne au château des ducs de Bretagne ainsi qu’une sélection de photographies exposée passage Sainte-Croix.


Non loin de là, place Royale, la majestueuse et d’ordinaire paisible fontaine qui trône au centre de celle-ci tousse, sursaute et déborde, menaçant d’asperger les passants trop aventureux. Inutile d’incriminer le fontainier, c’est l’artiste Michel Blazy, dont les matériaux de prédilection ne sont autres que le vivant et le hasard, qui est à l’origine de ces dysfonctionnements aléatoires. L’expérience est à compléter par une visite au Temple du Goût dont l’artiste a fait une extension de son atelier. Au programme : du charbon, des plantes, du matériel de bureau et une pile de photos de ladite fontaine que vient altérer un lent goutte-à-goutte.




Sous-sols et jardins

Pour d’autres sensations fortes, direction le théâtre Graslin et les sous-sols de l’immeuble Carré Feydeau investis par Daniel Firman. L’artiste, qui aime jouer avec nos perceptions, emplit le premier lieu d’une sculpture, d’un film et d’une composition musicale organiques, tandis qu’il sature le second d’une étrange lumière violette et d’un hypnotisant bourdonnement issu d’un dispositif composé de trois guitares motorisées.


Dans la continuité, impossible de manquer l’exposition personnelle que la Hab Galerie consacre à Céleste Boursier-Mougenot. Reprenant l’œuvre From here to ear v.8, immense volière remplie de mandarins jouant de la guitare électrique, créée il y a neuf ans pour la manifestation Estuaire, le célèbre plasticien-musicien transfigure les espaces du Hangar à bananes en rassemblant œuvres d’hier et d’aujourd’hui autour du lien entre les ondes, le végétal et les oiseaux.


Pour terminer, une visite chez l’inclassable artiste nantais Evor s’impose. Dans l’intérieur domestique qu’il a imaginé à L’Atelier, tout d’abord, confrontant ses propres œuvres – et notamment son émouvant projet Nourritures célestes, ensemble de sculptures en forme de barquettes de repas d’hôpital réalisé lors d’une résidence au CHU d’Angers – à celles d’une vingtaine d’artistes tels qu’Hicham Berrada ou Michel François. Et puis passage Bouchaud, où le luxuriant petit jardin suspendu qu’il cultive quotidiennement est exceptionnellement ouvert au public.


Aurélie Laurière


À voir > aux quatre coins de Nantes. Du 30 juin au 26 août 2018.
Retrouvez l’ensemble des événements et des informations pratiques sur : www.levoyageanantes.fr


Visuels de haut en bas :


- Philippe Ramette, Éloge du pas de côté. Photo © Marc Domage

- Céleste Boursier-Mougenot, Aura, 2015, 13e Biennale de Lyon © Blaise Adilon