74-75B - 113 x 105

Martin Barré

Date : 1975

Support : Peinture

Dimension : 113 x 105 cm

Acrylique sur toile

Depuis 1973, Martin Barré a repris ses tentatives radicales et dépouillées de fragmentation de l’espace, de la surface, de l’œuvre. Il travaille par séries et compose des assemblages géométriques. Des triangles, des carrés, des rectangles, parfois tronqués, colorés en aplats sont réunis et accrochés en fonction de règles d’harmonie (section d’or, rapport du carré et de sa diagonale,…).
À mi-chemin entre abstraction géométrique et abstraction lyrique, l’oeuvre de Martin Barré peut se définir comme une réflexion sur la peinture par la peinture. D’une simplicité qui confine à l’épure, elle ne cesse d’interroger et de repenser ses données fondamentales : le format, le geste, la figure, la série, voire l’installation même des tableaux. Avec leurs titres qui ressemblent plus à des codes-barres qu’à des définitions, ses toiles fonctionnent par séries. L’oeuvre n’est identifiée que par son année et ses dimensions : équations énigmatiques qui relaient l’abstraction austère des toiles. Si Martin Barré rejette délibérément le spectaculaire, son langage laconique n’exclut pas pour autant une approche sensible et profondément poétique de la peinture. Alors que son travail aussi discret que rigoureux ne connaît la reconnaissance publique que tardivement, il meurt en 1993, l’année même de l’exposition rétrospective qui lui est consacrée à la Galerie nationale du Jeu de paume.

© Adagp, Paris, 2007
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Le guide



« Réduction-concentration » sont les maîtres mots de son travail de l’artiste.

Martin Barré a rejeté la peinture figurative pour se consacrer à l’exploration des codes de la peinture. Voyons comment il procède.
Dans cette toile, par exemple, il a dessiné des hachures et des lignes parallèles roses à main levée. Remarquez comme la liberté du geste s’oppose à la rigueur géométrique des autres éléments de la toile.
Le peintre joue ici sur les contrastes.

Voyez vous ici le rôle joué par la composition de l’œuvre ?

Dans le champ de la toile, l’artiste a bâti deux grilles. La première, que l’on perçoit à peine a été esquissée au crayon à papier. Elle s’insère parfaitement dans le cadre de la toile. Ce système rappelle une technique de la peinture traditionnelle : la mise au carreau. Elle sert de base à l’établissement d’une seconde grille inclinée cette fois et tracée en noir. Or, le rapport entre les deux est régi par l’application de règles très anciennes liées à la recherche de l’harmonie mathématique. Les sources du travail de Martin Barré sont donc, qui l’eût cru, dérivées de celles qu’utilisait par exemple Léonard de Vinci.

Regardez bien maintenant : dans ce cadre, les hachures forment un premier dessin mais notre regard prolonge instinctivement le tracé réel pour recomposer un deuxième carré. Par la simple construction de sa toile, Martin Barré parvient ainsi à dépasser les strictes limites du cadre.