Lévitation de chaise

Philippe Ramette

Date : 2005

Support : Sculpture

Dimension : 170 x 150 x 150 cm

© Adagp, Paris, 2007

La Lévitation de Chaise de Philippe Ramette remet en cause les lois de la gravitation se situant ainsi dans la droite ligne de ses dernières réalisations photographiques. Cette sculpture en bronze peint simule les véritables textures et couleurs du bois et de la corde et crée ainsi l’illusion d’une lévitation sur le mode poétique.
L’artiste qualifie lui-même cette œuvre de « sculpture/photographique ». Elle figure l’instantané d’un mouvement : le moment où la chaise s’envole et s’échappe de la corde qui la retient.
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Le guide



Que voyons-nous ?
En 1ère lecture, c’est très simple, même banal : il s’agit une chaise et une corde.
Or, les objets choisis ne sont pas anodins. Qu’évoquent-ils ? Les instruments d’une pendaison bien sûr. Là, le doute s’installe subrepticement et s’amplifie car tout ceci n’est pas normal.

En effet, la corde n’est pas accrochée au plafond mais se dresse comme sous l’action d’un charmeur de serpent. Puis, la chaise, elle a quitté le sol, entre en lévitation et est comme retenue par la corde.
Cette mise en désordre des lois de la gravité déconcerte, amuse puis intrigue. Philippe Ramette éveille notre curiosité.

Mais, qu’est donc réellement cet objet hybride ? Il nous fait penser aux associations improbables des objets surréalistes qui convoquent notre imaginaire en jouant sur l’ambiguïté.

Comment l’artiste a-t-il fait pour défier ainsi l’ordre logique des choses?
Le procédé est simple. Lorsqu’on s’approche de la sculpture, on voit que la chaise est un assemblage de métal peint en imitant le bois. La corde n’est aussi qu’un simulacre pour lequel Ramette a eu recours aux techniques traditionnelles de la sculpture. Il s’agit d’un bronze peint.

La force de la proposition de Ramette ne tient pas ici à un tour de force technique mais à l’inventivité du concept, à cette extraordinaire capacité de l’artiste à sans cesse imaginer un monde autre.

Reste alors au spectateur, à entrer en action, pardon, en imagination devrais-je dire.