Toile en T

Claude Viallat

Date : 1980

Support : Peinture

Dimension : 160 x 240 cm

Acrylique sur bâche.
© Adagp, Paris, 2007

En 1966, Viallat adopte un procédé à base d’empreintes : une forme identique répétée sur toile libre, c’est à dire châssis, détermine la composition de l’œuvre.
Il reste fidèle à ce procédé fondateur mais ne cesse de faire varier les supports et les techniques : teintures, solarisation de la toile, enfouissement dans le sol, utilisation de toiles de voile, de bâches, de tentes, de parasols. En 1970 il radicalise sa démarche en exposant à l’air libre des filets et des cordes peintes.
Son œuvre est marquée par la polychromie et l’empreinte, devenue une véritable signature au fil des ans.
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Le guide



C’est bien une peinture que nous avons devant les yeux, une œuvre de l’artiste Claude Viallat.
Or, 1er constat, il n’y a pas de cadre, et pour cause, la toile n’est pas tendue sur un châssis, elle est libre.

C’est cette liberté de la toile, de la peinture que revendique l’artiste   depuis les années 70 au sein du groupe support/surface. Il s’attache à libérer la peinture des contraintes établies depuis des siècles.

Comment procède-t-il ?
Tout d’abord, il s’affranchit de tout effet narratif en élaborant un vocabulaire clair et restreint: l’usage de couleurs le plus souvent primaires et saturées et la répétition d’un motif unique caractéristique. En effet, on reconnaîtra aisément une œuvre de Claude Viallat par la présence récurrente d’une forme qui évoque un haricot ou encore un osselet, presque une signature. La couleur, elle, est presque toujours utilisée en contraste et anime la trame formée par les ‘formes’ d’une rythmique très enlevée, très gaie.

Or, Viallat aime à le dire, il veut que sa peinture « appelle le mouvement, (…) soit (…) nomade ». Et pour que ses peintures voyagent il va exploiter toutes sortes de supports : la toile de jute, de parachute, la bâche comme ici. Il ne recherche pas un effet léché puisqu’il va jusqu’à assembler différentes pièces de tissu en laissant, à dessein, les coutures apparentes.
Autre désacralisation de la peinture...