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Thomas Demand

Date : 1994

Support : Photographie

Dimension : 96 x 175 cm

C-Print, diasec et plexiglas
© Adagp, Paris, 2007

L'artiste joue de la perception du spectateur en déplaçant les objets d’un monde tridimensionnel vers le monde en deux dimensions de la photographie. Grâce à ce procédé, l’artiste se livre à une interrogation sur la représentation, sur le vrai et le faux, le documentaire et l’imaginaire, le durable et l’éphémère.
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Le guide



Regardez bien cette photographie. Rien de plus banal qu’un bureau. Evidence même puisque c’est aussi le titre de l’œuvre de Thomas Demand.

Or, cet environnement ultra familier est dérangeant.
Pourquoi ? Parce qu’il est justement trop bien rangé. Rien ne traîne sur le bureau: pas de papier, ni de stylo, pas de gomme, pas de trombone, ni de calendrier. Il n'a aucune trace de présence humaine, de mots ou de signes. On dirait que le lieu vient d'être aménagé! Il est parfait, réduit à l’essentiel, tout est en place pour une mise au travail immédiate.

Parfait, vraiment ?
Approchons nous. L’arête du bureau est irrégulière et on remarque une rupture dans le matériau au 1er plan. Ce qui semblait être du bois, se révèle être du carton. Là, le doute s’installe, se confirme, nous sommes bien devant la photographie d’une maquette.

En effet, Demand construit en atelier des maquettes taille réelle en carton et papier et les photographie ensuite. Il crée des compositions épurées mais complexes donnant l’impression de l’évidence, remarquons la subtilité des jeux de lumière.
Est-il donc maquettiste ou photographe ? Ce qui intéresse l’artiste, c’est bien l’image et le rapport fiction/réalité qu’elle engendre. Doit-on croire ce que l’on voit ou prendre pour acquis ce que l’on croit voir ? Thomas Demand nous contraint à nous souvenir qu’une photographie donne à voir la captation d’une réalité, non la réalité.

Ces pièges visuels perturbent notre perception. Sommes nous dans un espace réel ou fictif ? Mais tout n’est-il pas fiction ?