Sans titre

Laurent Pariente

Date : 2004

Support : Technique mixte

Dimension : 200 x 200 cm

Plaque de zinc 4 mm, gravée et vernie


Les plaques gravées sont à l’origine du travail de Laurent Pariente sur l’espace et se développent en parallèle aux constructions architecturales en craie. Elles mettent en jeu les caractéristiques que l’on retrouve dans ses constructions : l’occupation et la mobilité de l’espace, le geste (la marche dans ses architectures), et la lumière.

Les plaques de zinc, cuivre ou laiton sont recouvertes d’un vernis mat, puis gravées avec des pointes de métal de différentes tailles. A chaque geste, correspondent une entaille et un trait lumineux sur la plaque de métal. La plaque est ainsi recouverte d’une infinité de traits, gravés dans toutes directions et qui créent une matière lumineuse et mobile. La structure (sa composition) et la matière qui en résultent, varient en fonction de la source lumineuse et de la position ou du déplacement du spectateur qui regarde l’œuvre. L’espace qui se déploie sur la totalité de la surface de la plaque, reste multiple et changeant.
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Le guide



Laissons la lumière jouer sur l’œuvre. Jouer des contrastes.
Laissons notre regard errer dans ce réseau dense de lignes scintillantes. On a presque l’impression qu’il possède une matérialité propre comme s’il était constitué de fils de pêche en nylon brillant par exemple.
Ce jeu de lumière est très poétique. C’est à chacun de rêver la lumière. Prenez le temps, c’est une œuvre contemplative. Que voyez vous ?
Pour moi, le rythme des lignes évoque une pluie battante, le noir du zinc un ciel d’hiver en Bretagne.

Levons maintenant une partie du mystère.

Dans cette série, l’artiste entaille à la pointe sèche la surface de larges plaques de métal, cuivre, laiton ou zinc comme ici.

Laurent Pariente ne dessine pas de motifs prédéterminés mais enregistre la trace de son geste comme chez les expressionnistes abstraits. Il utilise d’ailleurs comme eux de grands formats ici 2m sur 2m.

De plus, il brouille les pratiques. En effet, utilise-t-il le métal pour le sculpter ? Non, mais il le traite quasiment comme une toile. On notera d’ailleurs qu’en gravant le métal, il n’ajoute pas de matière comme c’est le cas en peinture mais procède par soustraction.

Il faut également considérer le travail de Pariente par sa relation forte au lieu dans lequel il s’insère. La magie s’opère à travers la lumière.
Les sillons jouent avec celle-ci et l’œuvre change en fonction de l’éclairage et de la place du spectateur.

L’artiste nous invite alors à jouer avec notre propre perception. A nous de jouer !