14 mai 1958

Pierre Soulages

Support : Peinture

Dimension : 96,5 x 130 cm

© Adagp, Paris, 2007

Pierre Soulages a employé le brou de noix, le goudron, le noir de fumée, le noir d’ivoire, toutes matières organiques qui réfèrent à l’art de la préhistoire, aux premiers signes tracés à l’aide d’un morceau de charbon de bois dans l’obscurité des grottes.
La peinture de Pierre Soulages dialogue avec la Peinture elle-même.

C’est un exemple de ce dialogue qui est présenté ici. La composition est de facture classique, respectant lignes de force et points d’appui, les masses s’ordonnent en équilibre dans le cadre.
Les jeux d’ombre et de transparence dans les zones de contact entre le fond et les signes, les superpositions visibles dans la succession des gestes du peintre créent un effet de profondeur dans l’espace de la toile.
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Le guide



Réduction, superposition et variation autour du noir, telles sont les données principales de cette toile intitulée 14 mai 1958, en référence au jour de sa réalisation.

Réduction car le peintre Pierre Soulages n’emploie qu’une gamme chromatique restreinte. Il utilise ici un noir profond parfois rehaussé de brun. Or, le noir est l’un des principaux  objets de la recherche de l’artiste. Au fil de ses toiles, il en démontre   l’extraordinaire densité plastique. Dans cette œuvre, il joue sur le contraste en l’opposant au fond clair de la toile préparée. Mais surtout, il multiplie les couches pour faire varier l’intensité de la peinture.

C’est en effet par superposition que l’artiste a construit sa toile. Il applique la peinture et la racle par endroits. Les traces des différents passages sont visibles et mises en évidence par les chevauchements des différentes strates.
On peut alors, si l’on se prend au jeu, essayer de reconstituer les différentes étapes de la réalisation de l’œuvre.
Dans quel ordre l’artiste a-t-il posé les différentes couches de peintures ? La perception de l’œuvre devient un jeu de déduction.

Voyez encore comment par endroit la peinture devient une matière épaisse et joue avec la lumière. La toile plane prend du relief comme pour souligner un peu mieux encore l’aspect inépuisable de ces variations autour du noir.