Synchronia

Bernard Frize

Date : 2004

Support : Peinture

Dimension : 130 x 175 cm

Acrylique et résine sur toile.

© Adagp

Bernard Frize joue ici la superposition non pas de deux couches mais de deux actes de peinture. Le premier manifeste la recherche d’un contenu purement pictural, tandis que le second recouvre le premier d’un voile gris dégradé, le premier acte n’apparaissant plus que dans les cercles, telle une ellipse synchrone.
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Le guide



Regardons cette œuvre.
Un 1er constat : elle est abstraite.
En effet, Bernard Frize rejette la narration. Il s’interdit même le superflu : beaux effets de style et d’esthétique au profit d’une stricte neutralité. Il élimine ainsi tout affect et sensibilité et va jusqu’à se placer en retrait. Il laisse ‘le pinceau peindre’.

Détaillons ensemble le procédé utilisé ici.

Que voit-on tout d’abord ? Un fond gris dégradé et 15 disques colorés. Mais qu’est ce qui a été réalisé en 1er ? On aurait tendance à imaginer que les disques ont été peints sur le fond constitué par la couche grise. Or c’est le contraire. Le peintre fait couler de la peinture sur la toile puis la penche pour donner naissance à la forme. Une fois cette couche sèche, il peint par dessus une seconde couche à dominante grise mais incluant un dégradé de couleurs ici pastel. 15 ronds sont laissés en réserve, c'est-à-dire qu’ils ne sont pas recouverts par la peinture, laissant ainsi apparaître le vrai fond.

Notre regard est entraîné dans un labyrinthe visuel où les couleurs se passent le relais. Les disques se succèdent puis s’agrandissent aux extrémités pour que la couleur s’épandent au registre inférieur, nous offrant un rythme coloré.

Bernard Frize nous propose un parcours voluptueux sur la surface lisse et crémeuse presque sensuelle de la résine à laquelle la peinture se mélange. Mais surtout, l’artiste laisse au spectateur une immense liberté, celle d’aborder l’œuvre comme il le souhaite puisque celle-ci est vierge de toute histoire.