Buraco Quente II

Dionisio Gonzalez

Date : 2006

Support : Photographie

Dimension : 180 x 400 cm

Dionisio Gonzalez fait une critique sociale mais aussi une réécriture architecturale des « favelas » du Brésil, plus précisément de ceux de Sao Paulo. Ce qui l’intéresse dans les bidons villes est cette indépendance de toute planification, de tout ordre. En effet les habitants sont leur propres architectes et les habitations sont en perpétuel changement. Il tente d’imaginer une reconstruction radicale de l’habitat qui améliorerait les conditions de vie précaires de ses habitants.
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Le guide



Dionisio Gonzalez déroule horizontalement sur 4 m, telle une écriture, une photographie monumentale qui nous invite à la déambulation. C’est en effet, comme si, le long de cette ruelle du quartier de Buraco Quente, il réécrivait l’histoire architecturale des favelas brésiliennes.

Cheminons ensemble dans la ruelle.

On est immédiatement frappé par le côté anarchique de la construction qui a poussé aléatoirement au gré des besoins de la population : véritable patchwork de tôle ondulée, de panneaux d’aggloméré, de morceaux de bois. On y recherche désespérément l’humain qui prend corps à travers un vieux vélo, un caddie abandonné, du linge qui sèche sur une cordelette et ultimement cette femme en plein centre de la composition.

A peine commence-t-on à se familiariser avec cet environnement inhabituel, qu’un trouble nous saisit. Une impression d’inquiétante étrangeté s’empare de nous.

Regardons de plus près. Des éléments architecturaux contemporains exogènes à la favela ont été introduits dans la photographie. On les distingue en bout de course, à droite de la composition où des matériaux nobles apparaissent tels le verre et l’acier.

Pourquoi cette manipulation numérique de l’image ?

Gonzalez nous livre une critique acerbe des plans de restructuration initiés par le président Lulla en 2002 visant à ‘verticaliser’ les favelas de Sao paulo afin de densifier la population. Il magnifie donc cette architecture, son identité sociale, avec les moyens qui sont les siens, ceux de la photographie, et en élabore une version utopique.

Belle tentative de préserver ce patrimoine architectural !