Grands Moulins de Paris

Georges Rousse

Date : 2005

Support : Photographie

Dimension : 125 x 160 cm

© Adagp, Paris, 2007

Georges Rousse a toujours aimé les lieux abandonnés. Ces lieux de solitude qui sont suspendus hors du temps, entre la vie et la mort et propices à la méditation. Voyageur infatigable, il parcourt le monde en quête d’usines désaffectées, de maisons oubliées, de bâtiments voués à la destruction.
Il installe son atelier nomade dans des lieux auxquels il redonne une nouvelle histoire. Comme il aime à le dire « Je fais appel à de nombreuses pratiques artistiques : je suis dessinateur du projet, peintre dans le lieu, architecte par mon interprétation de l’espace et la construction que j’y organise, enfin photographe pour rassembler toutes ces actions. »
Solitaire dans ces espaces voués à l’oubli, il a choisi pour unique médium la photographie qui fixe son œuvre de l’unique point de vue de son appareil photo. Des espaces nouveaux sont créés par des effets de perspective, d’anamorphoses et de trompe-l’œil. Ces œuvres nous présentent la vision particulière que Georges Rousse porte sur le monde.
Fermer

Le guide



Architecte, peintre, photographe, sculpteur… Georges Rousse est un peu tout cela à la fois. J’en veux pour preuve cette œuvre :
Pas de doute, il s’agit bien d’une photographie. Que représente-t-elle ?
Une pièce désaffectée d’où émerge un carré noir qui semble flotter dans l’espace.
S’agit-il d’un photomontage, d’une surimpression ?

Laissez-moi vous expliquer ce qu’est une anamorphose…
Il s’agit d’une illusion d’optique : une figure est déformée selon un schéma précis. La forme initiale, éclatée dans l’espace, se reconstitue et apparaît entière à un seul et unique point de vue, ici, celui de l’appareil photo. Déplacez l’appareil ne serait-ce que de 5 cm, et la forme… se déforme !
Ce carré noir n’existe qu’à l’endroit exact où est prise la photographie.
Si nous arpentions la salle, nous verrions que le sol et une partie des murs sont couverts d’aplats noirs sans pouvoir distinguer une forme en particulier.

Pour parvenir à ce leurre, l’artiste français dessine au préalable l’image voulue sur le verre de l’appareil photo. Puis, il peint l’espace de façon à respecter les limites du motif en effectuant des va-et-vient permanents entre l’appareil et la pièce transformée. Ainsi, il vérifie que la peinture in situ, c’est-à-dire dans le site, correspond bien à la forme prédéterminée.
Cet outil visuel permet à Rousse de donner une seconde vie à des lieux abandonnés, de les sublimer grâce à ce qu’il appelle une « sculpture immatérielle ». Le bâtiment métamorphosé ne se visite généralement pas mais la photographie est là pour témoigner de cet incroyable trompe l’œil.

Architecture, peinture, sculpture et photographie ne font donc ici qu’une seule et même œuvre !