Vide des choses extérieures et intérieures

Jean Degottex

Date : 1959

Support : Peinture

Dimension : 130 x 400 cm

S'interrogeant toujours, constamment en évolution, l'art de Degottex pendant toute sa carrière ne cesse ainsi de questionner l'écriture, la couleur, l'espace et la matière dans une œuvre extraordinairement variée.
Fermer

Le guide


La toile s’impose tout d’abord à nous, regardeurs, par sa monumentalité et son format inhabituel : bande de peinture de 1.30m par 4m.
Ce déploiement horizontal est comme une invitation à déambuler devant l’œuvre. Déambuler, certes, mais dans un sens bien précis, de gauche à droite, comme si le peintre nous indiquait un sens de lecture.

Suivons l’artiste !

Jean Degottex naît en 1918 dans l’Ain et s’oriente après-guerre vers une peinture résolument abstraite, entre la peinture gestuelle et l’abstraction lyrique. Digne héritier du pionnier de l’abstraction, on ne sera pas surpris qu’il reçoive le prix Kandinsky en 1951.
Il s’en démarque néanmoins en poursuivant toute sa vie une recherche fondamentale sur le sens de la peinture, le signe, le vide.

Sa pratique picturale est d’ailleurs fortement marquée par son intérêt pour la calligraphie chinoise et la philosophie Zen. N’est-ce pas ce que l’on ressent devant cette œuvre dont le titre énonce clairement l’intention ? « Vide des choses extérieures et intérieures. »

On est immédiatement saisi par la prégnance du noir, dont la densité nous captive, comme pour nous absorber physiquement dans l’espace pictural. La toile est animée de signes blancs pour la plupart, qui se déploient presque comme une signature géante de gauche à droite, rythmée par quelques traces rouges. La rapidité d’exécution et l’amplitude du geste dénotent d’un dialogue physique entre l’artiste et la toile.

Mais la présence de ces signes essentiels ne nous rappelle-t-elle pas ces mots de l’artiste sur sa peinture : « Effectivement c’est tout, d’ailleurs c’est toujours trop. »