WWW (World Map), Pictures of Junk

Vik Muniz

Date : 2008

Support : Photographie

Dimension : triptyque de 149 x 102 cm (chaque panneau)

Réalisée à partir de déchets collectés dans les décharges de Rio de Janeiro, la série des Pictures of Junk érige le détritus au rang de médium artistique. Recyclant ses trouvailles sur le sol d’un terrain d’aviation désaffecté, Vik Muniz a constitué des puzzles géants avant de les photographier à partir d’une grue, comme dans cette carte d’un « monde-poubelle ». Les multiples niveaux de perception et de compréhension de l’œuvre se révèlent selon le point de vue adopté par le spectateur. Quelle est la bonne distance pour regarder le monde ? S’éloigner, se mettre à l’écart ou s’en rapprocher le plus près possible ? La place de l’humain se situe entre l’infiniment grand et l’infiniment petit.
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Le guide


Tiens, un planisphère. Approchons un peu. Nous découvrons qu’il s’agit d’une photographie monumentale traitée en triptyque.
Elle nous est familière mais en même temps, différente, bizarre.
Approchons encore.
Ce que l’on voit n’est pas ce que l’on croit voir ! S’il s’agit bien d’une photographie, ce n’est pas celle de la terre mais de son portrait à la manière d’Arcimboldo. Vik Muniz nous propose une géographie fantaisiste de la planète constituée de différents composants électriques et électroniques, de vieux moniteurs d’ordinateurs, tellement obsolètes qu’ils semblent d’un autre siècle.

Fidèle à son protocole de travail, Muniz remet en question les codes classiques de la photographie, à commencer par sa fonction d’attestation, pour se jouer de notre perception. Il compte d’une part, sur nos facultés de reconnaissance, en utilisant toujours des images ultra connues : de la Joconde aux stars d’Hollywood, et d’autre part, mise sur l’effet surprise en perturbant la reproduction de l’image-icône par l’utilisation des matériaux les plus inattendus : du caviar à la poussière, ou les composants électroniques dans cette photographie.

Pour Muniz, l’œuvre d’art n’est pas l’objet qu’il crée, qu’il détruit d’ailleurs par la suite, mais bien la photographie. Captant une réalité magnifiée dans ses images de diamants ou tragique lorsqu’il s’agit de visages d’enfants des favelas composés des détritus du carnaval de Rio, l’artiste brésilien se fait critique et alarmiste en nous présentant la planète en vaste décharge de nos moyens modernes de communication !