Socar Oil Fields #6, Baku, Azerbaijan

Edward Burtynsky

Date : 2006

Support : Photographie

Dimension : 109 x 159,5 cm

C-print

Dépourvues de toute manipulation lorsqu’elles capturent les désordres environnementaux comme dans ces champs de pétrole à Baku, les photographies de Burtynsky pourraient être qualifiées de documentaires. Et pourtant la puissance plastique de ces images leur confèrent un pouvoir métaphorique tout en les faisant basculer dans l’abstraction.


Texte : Carole Vantroys.
Fermer

Le guide



Quelle vision surréaliste, une inquiétante étrangeté.

Devant cette photographie d’Edward Burtynsky, on ne peut pas rester indifférent : l’image a l’air vrai et faux à la fois ; elle est attirante et dérangeante.

D’où vient cette énigme ?
Du chromatisme d’abord. Le photographe canadien a pris ce cliché à une heure de la journée où mer et ciel se confondent, baignant toute la scène dans une atmosphère brumeuse qui annule tout point de repère.
Du sujet ensuite. Ces étranges échafaudages sont-ils des tours Eiffel du XXIe siècle, des grandes roues d’un parc d’attraction à la dérive ?

Malgré son aspect fantomatique, tout est on ne peut plus réel pourtant.

Nous sommes en effet à Bakou, comme l’indique le titre.
Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, nouveau centre économique qui connaît une croissance sans précédent grâce à ses champs pétrolifères et l’exploitation d’un immense oléoduc mis en service en 2006, l’année où Burtynsky a réalisé cette image.

Ainsi Burtynsky parcourt le monde pour capter le paradoxe de notre société qui, d’un côté puise dans la nature toutes les matières-premières nécessaires au maintien de son niveau de vie et de l’autre éprouve une certaine culpabilité à malmener la terre de la sorte.
Avec une démarche qui n’est pas sans rappeler celle des Allemands Bernd et Hilla Becher et de leurs héritiers regroupés sous l’appellation d’Ecole de Düsseldorf, le Canadien développe une photographie objective qui a pour seul et unique motif le paysage industriel. Mines, usines, barrages, zones portuaires, champs de matières à recycler, Burtynsky pointe du doigt la responsabilité de l’homme sans jamais le montrer.