Hyper 16

Denis Darzacq

Date : 2007

Support : Photographie

Dimension : 95 x 130 cm

Tirage chromogène numérique Lambda

Les 2 œuvres photographiques présentées pour cet artiste sont extraites de deux séries complémentaires dénommées "La Chute" et "Hyper" :

La série Hyper développe l’esthétique de l’apesanteur initiée dans La Chute. Des corps en lévitation y sont opposés à l’espace saturé des supermarchés. Dans ce contexte, le geste gratuit du saut peut se lire comme un acte de résistance face à la société de consommation.


Texte : Carole Vantroys.
Fermer

Le guide



Au premier coup d’œil, on pense que Denis Darzacq manipule les images. Regardez ce corps en lévitation, ce décor incongru et ces couleurs crues. Il s’agit évidemment d’un photomontage, voire d’un photoshopage…

Et pourtant il n’en est rien. Tout est naturel dans le travail du photographe français qui a pour talent de savoir saisir ‘l’instant décisif’ autour d’un sujet principal : l’énergie du corps.

Hyper, le titre de cette série, est la suite logique d’un autre ensemble : la Chute. Collaborant avec des danseurs de hip-hop ou de capoeira, Darzacq arrête le temps dans un exercice d’équilibre périlleux. Sans trucage, il confronte la pureté du geste à la rudesse et l’indifférence du milieu dans lequel les jeunes danseurs ont grandi : les banlieues.

Transposés dans les rayons d’un hyper-marché, ces instantanés interrogent, par métaphore, la place du corps, c’est-à-dire de l’individu, dans la société.
Plus encore, c’est une façon pour l’artiste de questionner avec subtilité la société de consommation.
Comment pouvons-nous nous intégrer dans ces rayonnages où chaque objet manufacturé est parfaitement aligné ?
N’avez-vous pas l’impression que ce corps sans visage se débat dans un espace artificiel, dans un sursaut plus qu’un simple saut ? Inattendue, décalée, cette danse devient un geste de résistance.

Mais cet arrêt sur image induit une interrogation, inéluctable : comment l’histoire se termine-t-elle ?

Cela, Denis Darzacq ne le raconte pas. C’est à nous, spectateurs immobiles, de l’imaginer.