Paisaje interior I

Javier Pérez

Date : 2006

Support : Photographie

Dimension : 267 x 100 cm

Javier Pérez s’inscrit dans la mouvance d’artistes dont le travail est lié au corps, et plus particulièrement à leur propre corps. Agissant comme un véritable biologiste, au moyen de multiples matériaux, Javier Pérez tente d'établir un dialogue entre la Nature et l'Homme en modifiant les corps auxquels il greffe des éléments du règne animal ou végétal. Les pièces obtenues en mêlant les trois règnes de la nature sont d'une beauté repoussante exprimant le vivant dans sa perpétuelle évolution, sa constante métamorphose. Ainsi, pour Javier Pérez, les branches d'arbres sont des bronches aux couleurs sanguines. Le rouge est sa couleur favorite, qu'il qualifie de «couleur-sève».
Fermer

Le guide



Entrer dans l’univers de Javier PEREZ, c’est un peu comme aborder une terre inconnue. Cette photographie n’est-elle pas fascinante voire troublante ?

Laissez votre regard errer dans l’image… suivez ces lignes sinueuses. Que voir ? Une anomalie de la nature, un arbre siamois à la silhouette familière, presque anthropomorphe ? Ou bien un arbre en effet dont le réseau racinaire serait mis à nu ? Et pourquoi pas un faisceau serré de vaisseaux sanguins ? 

Rapprochez-vous maintenant... Le réseau de lignes se fait plus dense, plus précis, comme une cartographie que nous livrerait l’artiste et qu’il nous invite à parcourir.

L’œuvre oscille entre figuration et abstraction. Dans une composition quasi mathématique, le plasticien espagnol joue avec notre perception. Il met à mal les codes de la représentation en recourant à cette couleur antinaturaliste, ce rouge qui l’obsède et qu’il nomme « couleur-sève ». Grâce à cette teinte, il renforce le côté organique, quasi humain de ces formes hybrides.

Car même s’il est absent de cette représentation, le seul et unique sujet de l’œuvre de Perez, qu’il s’agisse de vidéo, de sculpture ou de photographie, c’est le corps, son propre corps. L’artiste nous proposerait-il ici un autoportrait surréaliste, sur le mode du cadavre exquis ? Un portrait psychologique d’une inquiétante étrangeté…

Au fait, avez-vous prêté attention au titre de l’œuvre ? Paysage intérieur… Brusquement, Perez, par cette simple énonciation, nous renvoie à une dimension autre que le monde tangible. Il ouvre une brèche dans un espace mental propice à l’introspection. Son œuvre devient le support à la projection de nos pensées.

Je vous laisse méditer…