Papiers Ordinaires – Série1 Les Bouboys

Elodie et Delphine Chevalme

Date : 2010

Support : Oeuvres sur papier

Dimension : 200 x 145 cm

Feutres sur papier

Depuis 2009, les sœurs Chevalme se concentrent sur leur projet Papiers Ordinaires. Il s'agit d'un travail figuratif de portraits sur le thème du métissage entièrement réalisé aux feutres en grand format, à échelle 1. L'ensemble du projet est constitué en séries. Les afro-descendants sont leur premier champs d'investigation, qu'elles explorent aux États-Unis d'un côté (série 1 Les BouBoys)  et au Pérou de l'autre (série 2 Los Corazonegros). Chaque volet du projet envisage la problématique de l'identité dans son aspect pluriel, comme un immense territoire de mélanges et de partages des cultures.
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Le guide



Rien n’est banal avec les sœurs Chevalme, et pour commencer, leur étonnant travail… à quatre mains !
En effet, Elodie et Delphine, sœurs jumelles, travaillent non seulement ensemble à la conception de leurs œuvres mais, plus difficile, à leurs réalisations.
Cette collaboration contraignante pour certains est tout simplement naturelle, voire vitale pour elles.

Complices, elles réfléchissent à la notion de complémentarité à travers les thèmes du métissage, de l’identité et du partage des cultures.
Elles empruntent leur vocabulaire et leur graphisme gai et coloré au champ du hip-hop. Pour leur première série, c’est aux Etats-Unis qu’elles ont trouvé le terme de Bouboys, contraction des mots « boubou » et « B-boys », en hommage aux pères fondateurs de la culture populaire afro-américaine.
Cet aspect populaire est primordial. C’est d’ailleurs cette conviction qui a dicté leur projet intitulé les « papiers ordinaires ». En privilégiant des outils et des médiums du quotidien (feutres, stylo, crayon, papier machine…) leurs œuvres nous sont familières et surtout plus accessibles.

Cependant, s’il s’agit bien de coloriage, les soeurs Chevalme n’en sont pas moins exigeantes : admirez la maîtrise technique, imaginez leur patience et leur application !
Il n’est plus question de simple dessin, mais bien de peinture. D’où la nécessité de l’échelle 1. En peignant ces hommes grandeur nature, elles abolissent toute hiérarchie entre le sujet et le regardeur, créent une proximité inédite, une invitation à entrer dans l’œuvre !

En revisitant le genre très académique du portrait, elles nous offrent une galerie de peintures qui tient enfin compte du pluralisme et du cosmopolitisme du XXIe siècle.