Eureka V

Christian Bonnefoi

Date : 1999

Support : Peinture

Dimension : 200 x 180 cm

Acrylique sur toile

L’artiste initie la série des Eureka au début des années 80, jusqu’à celle actuelle des Eureka VIII.
Courbes, spirales, ondulations, confèrent à ces œuvres un aspect graphique marqué. Les formes serpentines colorées, enchevêtrées qui se recouvrent ou se juxtaposent apportent aussi une richesse formelle et chromatique inattendue chez un artiste dont la démarche est si rigoureuse, précise.
Dans Eureka V, l’artiste procède par addition et saturation des couleurs; les entrelacs aux tonalités jubilatoires se détachent sur un fond uni les mettant en valeur.
La « méthode », la démarche employée par Bonnefoi, relie visuellement entre elles les différentes époques. Sa peinture qu’elle soit gestuelle, débordante de couleur, exubérante comme Eureka ou apparentée à la mouvance minimale comme Ja na pa, s’harmonise dans un va et vient constant entre les matériaux, les supports, la mise en tension de la surface jusqu’à « l’apparition du visible ».
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Le guide



L’œuvre de Christian Bonnefoi est née d’une rencontre, un coup de foudre artistique ressenti en 1970 devant des sculptures de Matisse : les Dos. Bonnefoi voit dans ces statues l’œuvre parfaite, où Matisse, parti de dessins, réussit à synthétiser deux et trois dimensions.
Depuis, le peintre français n’a qu’une obsession : abolir les catégories en fusionnant support, matière et plan.
A voir les formes serpentines et gaies de sa toile, on pourrait penser que sa pratique est tout en spontanéité. C’est tout le contraire.

Approchez-vous. Scrutez la surface. Il y a une logique, un système irréfutable qui a pour origine le collage. Inspiré du cubisme, son œuvre abstraite prend néanmoins des allures festives où les couleurs et les jeux de matières entrainent notre regard dans un mouvement perpétuel.
Bonnefoi n’est pas que peintre, il est aussi magicien. Manipulant les effets de transparence, superposition, recouvrement et autre chevauchement, son œuvre acquiert une unité là où d’autres aboutiraient seulement à une stratification grossière.
En effet, nous avons bien le sentiment qu’il y a plusieurs niveaux de peintures, mais la chronologie du geste nous échappe. Premier et arrière-plan se confondent. Le support devient surface et inversement.

Attardons-nous un instant sur ce support. Christian Bonnefoi affectionne particulièrement deux matériaux: la tarlatane, toile de coton ressemblant à du tulle et le papier de soie qui lui permettent de jouer sur les effets de translucidité et de strates. Un millefeuille de couleurs pour le plus grand plaisir de nos yeux !