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Farah Atassi

Date : 2009

Support : Peinture

Dimension : 195 x 160 cm

Huile sur toile

Les toiles de Farah Atassi sont des négatifs positifs en équilibre entre l’ordre et l’aléa. Ses œuvres utilisent des motifs propices à révéler les artifices de la peinture. Des briques, des carreaux, des portes, autant de lignes qui structurent l’espace selon un plan géométrique. Ces zones fermées et ordonnées sont débordées par des objets abandonnés. Ici une chaise, là un miroir, accidents de formes et de couleurs dans un monde en noir et blanc. C’est une réflexion sur le dénuement, le vide et l’absence. Ces tableaux décrivent des espaces pauvres, publics et privés, qu’elle nomme « lieux de transition ».
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Le guide



La peinture de Farah Atassi oscille entre deux mondes, entre figuration et abstraction, réalité et illusion. Que nous donne-t-elle à voir ?
Première et peut-être unique certitude : il s’agit d’un intérieur. Une cuisine sans doute à en juger par les carreaux blancs, les tuyaux et les meubles.

Et après ? Après, le doute s’installe.
Où mène le couloir qu’on devine à gauche ? Quel est ce tableau énigmatique au mur ? Pourquoi les ombres se fondent-elles au sol ?
Et avez-vous prêté attention au plafond ? N’est-il pas coupé du reste de la peinture, comme si la moitié supérieure, grise et triste était un montage, la superposition d’une vue d’un parking ?

L’artiste d’origine iranienne, vivant en France, peint ce qu’elle appelle des espaces de transition, des salles pauvres, abandonnées et universelles qui l’obsèdent depuis qu’elle a découvert en Russie le principe des appartements collectifs. Elle crée aussi une faille temporelle dans ce décor vide : Nous arrivons trop tard, ou trop tôt, pour comprendre ce qui s’est passé. L’homme a définitivement fui.

Et pourtant, tous les objets rappellent son passage. Jusqu’à ce tableau dans le tableau, regardez-le plus attentivement. Ne vous est-il pas familier ? Dans ses peintures, Atassi crée des mises en perspective qui ne parlent de rien d’autre que de Peinture. Ainsi, elle cite ici l’un des pionniers de l’abstraction : le peintre russe Kasimir Malevitch, père de cette Figure à la tunique jaune qu’elle reproduit fidèlement.

Par ce jeu de la citation, Atassi cherche peut-être à atteindre l’œuvre idéale, entre figuration et abstraction, où les objets se fondent dans le décor. Une peinture minimale et essentielle !